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La cathédrale Notre-Dame (1163 – 1866/67)

Parvis Notre-Dame – place Jean-Paul II

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La façade occidentale de la cathédrale Notre-Dame de Paris, vue depuis le Petit Pont – Cardinal Lustiger

La cathédrale Notre-Dame fut bâtie à l’emplacement d’un temple dédié à Jupiter, puis d’une basilique paléochrétienne consacrée à saint Etienne, reconstruite quatre fois jusqu’à l’érection d’un édifice de style roman. En 1160, l’évêque Maurice de Sully engagea les travaux d’une nouvelle cathédrale, plus vaste, dans le style gothique déjà expérimenté à Saint-Denis, Noyon, Laon ou Sens.

Après la pose de la première pierre, en 1163, quatre campagnes de construction se succédèrent :

  1. le chœur et les deux déambulatoires furent achevés en 1182
  2. les quatre dernières travées de la nef, des bas-côtés et des tribunes furent terminées en 1190
  3. la base de la façade occidentale et les deux premières travées de la nef furent engagées à la fin du XIIe siècle (la rose est achevée en 1220-1225)
  4. la partie haute de la façade occidentale et les deux tours furent abouties vers 1225-1250.

Des additions, embellissements et modifications intervinrent au cours du XIIIe siècle, jusqu’au milieu du XIVe siècle, alors que la cathédrale était achevée. Commencé par Jean de Chelles en 1258 et terminé par Pierre de Montreuil, le portail méridional de la cathédrale, dédié à saint Étienne, communiquait autrefois avec la résidence de l’évêque. Plus tardive que les portails principaux, cette porte est surmontée d’un gâble ajouré et détaché du mur, décoré de roses dans la maçonnerie et de redans sur les rampants. Associé à d’autres gâbles plus petits, il forme, selon les termes de Viollet-le-Duc, « une grande dentelure à la base de l’édifice ». 

Contemporain du portail Saint-Étienne, le portail de la rue du Cloître, au nord, est également doté d’un grand gâble, surmonté d’une spectaculaire rosace et d’un pignon ajouré. Quelques mètres plus loin, au niveau de la troisième fenêtre du bas-côté nord, Pierre de Montreuil fit percer la « porte rouge », à la demande de Saint-Louis. Cette étroite porte devait faciliter la circulation des chanoines du chapitre entre la cathédrale et leur quartier résidentiel connu sous le nom de « Cloître Notre-Dame », qui se composait d’un réseau de petites rues et de jardins, clos de murs et de grilles.

Dénaturée par Jacques-Germain Soufflot en 1771, puis mutilée par les Révolutionnaires en 1792, la cathédrale Notre-Dame n’était plus que l’ombre d’elle-même au XIXe siècle. C’est le roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, publié en 1831, unanimement salué, qui réhabilita le monument dans l’opinion publique et fit apparaître l’urgente nécessité de lui rendre tout son lustre.

Au sein de la Commission des Monuments Historiques, Ludovic Vitet et Prosper Mérimée décidèrent de mettre la restauration de Notre-Dame au concours et reçurent, en 1843, trois projets : celui de l’architecte du préfet de la Seine, Jean-Jacques Arveuf-Fransquin ; celui de Jean-Charles Danjoy ; et un troisième projet, conçu conjointement par Jean-Baptiste Antoine Lassus et Eugène Viollet-Le-Duc. Considéré comme le plus sobre et le plus respectueux, le projet de Lassus et Viollet-Le-Duc est retenu en 1844.

Le chantier débuta pratiquement par l’érection d’une nouvelle sacristie, en remplacement du bâtiment précédent construit par Soufflot en 1758, qui avait été endommagé pendant la Révolution de 1830. Située au sud du chœur de la cathédrale, la sacristie du Chapitre est bâtie dans un style néogothique en parfaite harmonie avec l’architecture de la cathédrale.    

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Les portails de la façade occidentale (1208-1220)

La restauration de la façade occidentale, qui se déroula de mai 1845 à mars 1846, consista à rétablir le trumeau du portail central, amputé par Soufflot au XVIIIe siècle, ainsi que la statuaire, dont le Christ bénissant, dessiné par Viollet-le-Duc en 1848, et une dizaine de statues d’apôtres, disposées sous forme de maquettes en grandeur nature et en plâtre, en 1852. Pour y parvenir, les deux architectes s’entourent d’excellents sculpteurs sortis de l’atelier de David d’Angers, parmi lesquels Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume (1816-1892).

Comment se présente la façade occidentale de la cathédrale Notre-Dame ? Trois portails inégaux, séparés par de larges contreforts ornés de statues dans des niches, occupent le rez-de-chaussée. Au-dessus, vingt-huit statues représentent les vingt-huit générations des rois de Judée et d’Israël, ancêtres du Christ.

Une grande rosace, flanquée de baies géminées, dominées par de petites rosaces sous un arc en tiers-point, animent le niveau supérieur, derrière une balustrade. Un dernier étage d’arcades très ouvragées relie les deux tours à toit plat, percées de baies très étroites et très hautes.

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Le portail du Jugement Dernier, la galerie des rois, le balcon de la Vierge et les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Le portail situé au centre de la façade représente le Jugement Dernier tel qu’il est décrit dans l’Évangile selon saint Mathieu. Au sommet du tympan, le Christ, assis sur son trône de gloire, rappelle qu’il est venu sur Terre pour sauver l’humanité, par son sacrifice sur la Croix. Il montre les plaies de ses mains et de son flanc, entre deux anges qui portent les instruments de la Passion. Derrière ces anges, Marie et Jean l’Évangéliste sont représentés en prière.

Les voussures du portail sont occupées par la cour céleste (anges, patriarches, prophètes, docteurs de l’Église et martyrs), avec une place réduite, à droite, aux représentations de l’Enfer ; les piédroits accueillent les Vierges sages (à gauche) et les Vierges folles (à droite) ; les ébrasements reçoivent les statues des douze apôtres.

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Le portail du Jugement Dernier (1220-1230)

 Au linteau inférieur, les morts ressuscitent et sortent de leur tombe. Au linteau supérieur, l’archange Michel pèse leur âme : suivant la vie qu’ils ont menée sur la Terre et l’amour qu’ils ont manifesté envers Dieu et les hommes, les uns (les élus) sont conduits à gauche, vers le Paradis (à la droite du Christ), tandis que les autres (les damnés) sont menés par un diable vers l’Enfer.

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Le portail de la Vierge (1210-1220)

Le trumeau du portail porte une statue représentant la Vierge à l’Enfant. Sous la figure de la Vierge, un bas-relief en trois séquences représente La Création d’Ève à partir d’une côte d’Adam, Le Pêché originel et Adam et Ève chassés du Paradis.

La seconde séquence montre Adam et Ève au pied de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, chargé de fruits défendus. Le diable, représenté par une femme séduisante, à queue de serpent (Lilith, personnage biblique tiré des écrits rabbiniques du Talmud de Babylone), a convaincu Ève de désobéir à Dieu : celle-ci s’apprête à manger l’un des fruits de l’arbre et tend un autre fruit à Adam. 

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Le balcon de la Vierge et la figure d’Adam chassé du Paradis (milieu du XIXe siècle)

Les statues de la Vierge à l’Enfant entourée de deux anges, commandées par Viollet-le-Duc, consacrent la façade principale de la cathédrale à la mère du Christ. Elles remplacent la statue originale, très endommagée. La grande rosace située derrière les trois statues constitue une splendide auréole qui semble souligner l’aura de Marie et de Jésus.

Viollet-le-Duc fit placer les figures d’Adam et Ève devant les baies situées de chaque côté de la rosace, bien qu’aucune statue n’ait occupé auparavant cet emplacement. Ces deux statues auraient dû être placées dans les niches de la façade intérieure du bras sud du transept.

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Le chevet de la cathédrale, vu du pont de La Tournelle

Le chevet est la partie la plus ancienne de l’édifice ; il comprend une succession d’arcs-boutant qui, d’une seule volée, relient le haut des fenêtres et l’étage des chapelles rayonnantes à de puissantes culées, hérissées de pinacles, contenant ordinairement la poussée des voûtes.

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Le chevet de la cathédrale, vu de la terrasse de l’Institut du Monde Arabe

Ces arcs-boutants, édifiés au XIVe siècle, ont remplacé de premiers ouvrages bâtis sans doute peu avant 1230, dont la fonction consistait principalement à faciliter l’évacuation des eaux de pluie (l’extrados des arcs-boutants est creusé d’une gouttière qui traverse le sommet de la culée et se termine par une longue gargouille). Les arcs-boutants du XIVe siècle conservent un rôle assez semblable, comme semble le confirmer leur silhouette d’une légèreté surprenante.

La cathédrale Notre-Dame (1163 - 1866/67) dans Basiliques/Chapelles/Eglises charles%2Bn%25C3%25A8gre_Henri%2Ble%2BSecq

Charles Nègre (1820-1886)

Galerie supérieure de Notre-Dame de Paris, 1853, photographie, 32,5 x 23 cm, Paris, musée d’Orsay

Les chimères contemplant Paris depuis la galerie filant à la base des tours de la cathédrale Notre-Dame sont sorties de l’imagination de Viollet-le-Duc. D’un intérêt purement décoratif, elles ont été dessinées par l’architecte, qui s’inspira des caricatures d’Honoré Daumier. En 1853, le photographe Charles Nègre immortalise la créature la plus célèbre de ce bestiaire fantastique : l’effrayante stryge.

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Les principales chimères sont disposées sur la balustrade de la galerie reliant les tours de la cathédrale. Aigles, êtres mi-homme mi-animal, éléphants aux pattes griffues ou pélicans composent un bestiaire plus ou moins effrayant.

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L‘élévation des tours de Notre-Dame est scandée de petits crochets formant une multitude de bourgeons turgescents. Dans la partie supérieure des claires-voies, au niveau des ogives, quelques créatures cornues et grimaçantes, ainsi que plusieurs gargouilles, complètent le bestiaire de la cathédrale.

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L’ange qui sonne la trompette

« Sur la pointe [du grand pignon de la nef, en arrière de la galerie des chimères], un ange sonne la trompette, soit pour annoncer le jugement à venir, soit pour convoquer le peuple chrétien (…) ; le sculpteur l’a disposé de manière à donner le moins de prise possible aux vents et aux tempêtes qui l’assaillent sans relâche » (Description de Notre-Dame : cathédrale de Paris, Paris, 1856, pp. 28-29).

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La flèche de Notre-Dame

Édifiée vers 1250, la flèche originale de Notre-Dame fut démontée en 1786. Dans son roman Notre-Dame de Paris, Victor Hugo regrettait sa disparition « sur la pointe de la croisée ». En 1858, Viollet-le-Duc décida sa reconstruction, sur l’exemple de celle que Félix Duban avait reconstituée à la Sainte-Chapelle.

De forme octogonale, la nouvelle flèche repose sur huit poteaux d’angle qui s’inclinent vers l’intérieur « pour conduire l’œil de la base de la flèche à la pyramide supérieure ». Les poteaux d’angle de la flèche se terminent par de longs pinacles décorés de crochets, de fleurons et d’aigles aux ailes fermées. La grande pyramide commence à la base des pinacles ; sa charpente en chêne est entièrement revêtue de plomb. A chaque plate-forme, seize gargouilles rejettent les eaux à l’extérieur de l’édifice.

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Les Évangélistes situés à la base de la flèche

Cette flèche est gardée par quatre groupes de trois statues, réalisées en cuivre repoussé par Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume. Disposées les unes au-dessus des autres, ces statues, représentant les douze apôtres, sont, à chaque fois, précédées d’un animal symbolisant l’un des quatre évangélistes. Au sud-ouest, le bœuf ailé précède ainsi saint Luc et deux autres apôtres.

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Les apôtres tournés vers le nord-ouest

Les apôtres se tiennent sur des piliers à chapiteau corinthien, échelonnés sur le versant des toitures, comme s’ils descendaient du ciel, munis de leurs attributs.

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Saint-Thomas représenté sous les traits d’Eugène Viollet-le-Duc

Tous les apôtres sont tournés vers Paris, à l’exception de saint Thomas, patron des architectes, qui tient une règle de mesures. Représenté sous les traits de Viollet-le-Duc, posant la main sur son front en signe de réflexion, il semble contempler la pointe de la flèche. Il est vêtu, à la manière médiévale, d’une toge fermée par une agrafe sur la poitrine. 

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La crête de faîtage de la nef

Viollet-le-Duc fit également restaurer les crêtes en plomb à motifs de feuillage et d’épis, qui ornent le faîtage de Notre-Dame.

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Le bourdon de Notre-Dame

La visite des tours de Notre-Dame permet d’accéder à la tour méridionale, où se trouve la plus grosse cloche de la cathédrale : le bourdon. Cette cloche sonne à l’occasion des grandes fêtes (Noël, Pâques, la Toussaint) et des grands événements. Baptisé « Emmanuel » par son parrain Louis XIV, elle pèse 13 tonnes, auxquelles il faut ajouter les 500 kg de son battant.

Les quatre cloches de la tour nord assurent les sonneries quotidiennes des heures et des offices de la cathédrale.

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La nef

Notre-Dame de Paris adopte un plan cruciforme, à transept non saillant. Précédée d’un narthex de deux travées, la nef principale est flanquée de deux collatéraux à voûtes quadripartites. Des chapelles latérales, construites entre les culées des arcs-boutants lors de la dernière phase de construction, bordent les collatéraux extérieurs de la quatrième à la dixième travée. Ces chapelles sont éclairées par des fenêtres à quatre lancettes, groupées par deux et surmontées de trois oculi polylobés.

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L’élévation de la nef

L’élévation de la nef, faiblement éclairée par les fenêtres hautes, comprend trois niveaux : grandes arcades, tribunes et fenêtres hautes. Les colonnes des deux premières travées, plus tardives, sont renforcées par des colonnettes engagées, alors que les travées suivantes possèdent de simples colonnes cylindriques.

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J.-F. Depelchin (1770-1835)

La Cathédrale Notre-Dame de Paris, 1789, huile sur bois, 43 x 54 cm (grand détail), Paris, musée Carnavalet

Depuis 1449, la Confrérie des Orfèvres de Paris fonda la tradition d’une offrande à la cathédrale Notre-Dame le 1er mai, où elle disposait d’une chapelle. Cette offrande constitua d’abord en un arbre, décoré de rubans, dressé devant le maître-autel en signe de piété mariale puis, à partir de 1533, de petits tableaux se rapportant à la vie de la Vierge.

A partir de 1630, ces petits « Mays » furent remplacés, avec l’accord du Chapitre de Notre-Dame, par de grands tableaux, que la Confrérie commanda aux peintres les plus renommés. Ceux-ci devaient soumettre leur esquisse aux chanoines de la cathédrale. Après la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1648, l’attribution de ces commandes prestigieuses s’apparentait à une sorte de concours de peinture religieuse.

Une fois exposés sur le parvis de la cathédrale, les « Mays » de Notre-Dame étaient accrochés au niveau des grands arcades de la nef et du chœur, comme l’atteste le tableau peint par Depelchin, en 1789. Dispersés à la Révolution, ces chefs-d’œuvre de la peinture française sont désormais conservés au Louvre, dans quelques musées de province et quelques églises. Quelques-uns, récupérés par la cathédrale, sont désormais présentés dans les chapelles latérales.

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La rose sud ou rose du Midi (1258-1260)

Offerte par le roi Saint Louis et conçue par le maître d’œuvre de la cathédrale, Jean de Chelles, puis Pierre de Montreuil, la rose du transept sud est consacrée au Nouveau Testament. Elle comprend plusieurs cercles, à partir du quadrilobe central : douze médaillons forment le premier cercle, puis vingt-quatre forment le second. Ensuite, douze quadrilobes composent le troisième cercle, et des médaillons trilobés constituent la dernière couronne de la rose.

Restaurée une première fois entre 1725 et 1727, puis altérée par un incendie en 1830, la rose fut reconstruite par Viollet-le-Duc. Le maître-verrier André Gérente restaura alors les vitraux du XIIIe siècle et reconstitua les parties manquantes. A la suite de ces interventions, le programme iconographique fut bouleversé : les apôtres, constituant originellement le premier cercle, sont désormais dispersés et se mêlent à d’autres personnages. Une vingtaine d’anges occupe le quatrième cercle, des scènes des Ancien et Nouveau Testaments paraissent dans les troisième et quatrième cercles. 

Transept sud ND Paris

La rose du sud ou rose du Midi : l’écoinçon avec La Descente du Christ aux Enfers

En 1726, les armoiries du cardinal de Noailles, archevêque de Paris, remplacèrent le motif du médaillon central, qui représentait Dieu en majesté. Au XIXe siècle, Viollet-le-Duc et Gérente choisirent d’y placer une figure du Christ de l’Apocalypse.

Aux extrémités, les écoinçons renfermèrent deux scènes : La Descente du Christ aux Enfers, à l’est, entourée de Moïse et Aaron et de La Tentation d’Adam et Ève La Résurrection du Christ à l’ouest, associée à Pierre et PaulMadeleine et Jean. Sous la rose, les grands vitraux de la claire-voie, peints par Gérente, donnèrent la figure de seize prophètes.

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Le double déambulatoire

Le chœur est entouré d’un double déambulatoire composé de cinq travées droites surmontées de voûtes sexpartites et d’une abside à cinq pans correspondant aux chapelles rayonnantes.

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La chapelle Saint-Guillaume

Les mausolées de riches paroissiens occupent les chapelles rayonnantes du chœur. La première chapelle de l’abside, consacrée à saint Guillaume, renferme le mausolée du lieutenant-général Henri-Claude d’Harcourt, par Jean-Baptiste Pigalle, adossé contre le mur oriental.

Réalisé en marbre, en 1776, cette vaste composition est décrite dans le contrat passé entre le sculpteur et la veuve du défunt : « À l’une des extrémités du sarcophage, sera l’ange tutélaire dudit seigneur comte d’Harcourt qui, voyant venir ladite dame comtesse d’Harcourt, lèvera d’une main la pierre du tombeau et de l’autre tiendra le flambeau de l’hymen ; M. le comte qui, après avoir paru reprendre un moment de vie à la chaleur de son flambeau, se débarrasse de son linceul et tendra à son épouse ses brans languissants… Derrière M. le comte sera la mort tenant un sable pour montrer à Mme la comtesse que son heure est venue. Mme la comtesse, au bas du sarcophage, exprimera par son attitude l’impatience qu’elle a de se réunir à son époux ; à la vue de cette réunion, l’ange tutélaire éteindra le flambeau de l’hymen. »

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L’ange tutélaire

Transporté au dépôt des Petits-Augustins pendant la Révolution, le mausolée fut replacé dans la cathédrale en 1820 par le statuaire Deseine, aux frais de la famille d’Harcourt-Beuvron.

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Le vaisseau intérieur du double collatéral et la paroi sud de la clôture du chœur

Le chœur était entièrement clos par un jubé (tribune, clôture et groupe sculpté de la Crucifixion) constitué d’un soubassement historié. Ce jubé fut amputé à la suite des travaux menés par Robert de Cotte au début du XVIIIe siècle : il fit détruire sa partie orientale pour installer des colonnes classiques et des arcades en plein cintre, puis sa partie occidentale lorsqu’il engagea la démolition de la tribune.

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Le détail des scènes de la paroi sud

Les reliefs des parois nord et sud, réalisés aux XIIIe et XIVe siècles, survécurent plus ou moins à ces transformations. Ils représentent des scènes tirées des évangiles. Celles de la clôture sud illustrent les apparitions du Christ ressuscité.

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L’apparition du Christ aux disciples

L’apparition du Christ aux pèlerins d’Emmaüs

Dans cette scène à deux séquences, le sculpteur a représenté, à gauche, le Christ apparaissant à deux anciens disciples fuyant Jérusalem, sur le chemin les menant à Emmaüs. A droite, le sculpteur représente les deux pèlerins et Jésus à l’auberge d’Emmaüs. Jésus rompt le pain et le donnent à ses compagnons de route, comme il le faisait dans l’Eucharistie de la messe. Le disciple, assis à la droite du Christ, marque son étonnement ; l’autre, sa piété.

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L’apparition du Christ aux apôtres, au bord du lac de Tibéraide

La Pêche miraculeuse

Découragés par la mort de Jésus, les apôtres reprennent leur ancien métier de pêcheur, mais n’attrapent aucun poisson. La scène comprend deux séquences : le sculpteur a représenté, à gauche, l’apparition de Jésus au bord du lac de Tibériade, mais les apôtres ne le reconnaissent pas. Jésus les invite à jeter leur filet : la pêche est miraculeuse : c’est la scène représentée à droite.   

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La Nativité de Jésus

Les scènes de la paroi nord correspondent à l’enfance de Jésus et débutent par la Nativité : Marie, glissée sous une couverture, est allongée sur un lit, dont on aperçoit les montants en bois. La tête de la Vierge, reposée sur un coussin, est appuyée contre sa main droite. Le nouveau-né est endormi, emmitouflé dans un panier en osier. Joseph semble veiller sur lui, les mains serrant un grand bâton de marche. L’âne et le bœuf occupent l’arrière-plan.

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L’Adoration des mages

La scène suivante représente l’adoration des mages, représentés aux trois âges de la vie : le plus âgé et le plus sage, agenouillé, est le plus proche de l’Enfant. Il a posé sa couronne au sol et offre un calice à Jésus. Joseph veille, en retrait.

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Le Baptême du Christ

Cette première scène où Jésus apparaît à l’âge adulte représente le baptême, administré par Jean-Baptiste, dans l’eau du Jourdain.

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L’élévation du chœur

L’élévation de la première travée du chœur est semblable à l’élévation du transept : elle comprend quatre niveaux, puisqu’une petite rose s’insère entre les tribunes et les fenêtres hautes. Les travées suivantes ne sont qu’à trois niveaux, sur le modèle de la nef : grandes arcades, tribunes et fenêtres hautes.

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Le groupe central du Vœu de Louis XIII

Le chœur fut profondément remanié entre 1708 et 1725, sous l’autorité de Robert de Cotte, lors des travaux d’installation du groupe central et des figures sculptées du maître-autel. Ces œuvres illustrent le vœu de Louis XIII de consacrer son royaume à la Vierge Marie, en remerciement de la grossesse inespérée d’Anne d’Autriche, qui donna naissance, en 1638, à un héritier, baptisé à dessein Louis-Dieudonné, futur Louis XIV. Le roi, qui interpréta l’événement comme la réponse divine à ses prières, institua les processions du 15 août, jour de l’Assomption, puis donna l’ordre d’élever un nouveau maître-autel pour Notre-Dame et de l’environner de sculptures.

C’est Louis XIV qui exauça le second terme du vœu : il fit appel à Robert de Cotte pour remanier le chœur. Après avoir détruit la tribune du jubé, l’architecte fit placer le maître-autel, puis les priants de Louis XIV et de Louis XIII, l’un réalisant la promesse de son père, l’autre offrant la couronne de France à la Vierge, représentée en pitié avec le Christ sur ses genoux.

Les trois groupes sculptés du Vœu prirent alors leur place actuelle : La Pièta de Nicolas Coustou (1658-1733) fut placée dans l’axe de la nef, derrière l’autel. De part et d’autre, De Cotte fit placer les figures de Louis XIII, par Guillaume Coustou (1677-1746), et de Louis XIV, par Antoine Coysevox (1640-1720). Six figures d’anges, en bronze, accompagnent ces trois groupes en marbre, chacun portant un instrument de la Passion du Christ.

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atelier fondé par Adolphe-Napoléon Didron (1806-1867)

Saint-Georges, vitrail, XIXe siècle, Paris, cathédrale Notre-Dame, chapelle Saint-Georges

Le décor des chapelles rayonnantes remonte aux travaux de restauration entrepris par Viollet-le-Duc, notamment celui de la chapelle Saint-Georges, qui date des années 1866-67. Les fenêtres de cette chapelle sont par ailleurs ornées de vitraux sortis de l’atelier fondé par Didron, qui contribua largement au renouveau du vitrail en France.

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