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L’église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux (1685-90 / 1863)

Rue des Blancs-Manteaux

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Le monastère de Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux 

(planche gravée du Monasticon Gallicanum, recueil de 168 planches gravées au trait, représentant en élévation perspective dans leur état du moment, 147 des principaux prieurés et abbayes bénédictins français affiliés à la Congrégation de Saint Maur, publié par Dom Michel Germain).

En 1258, le Grand Prieur du Temple autorisa l’installation de l’ordre mendiant des Servites de Marie, fondé à Marseille quelques années plus tôt, à proximité d’une maison que Saint-Louis avait donnée à ces religieux. Le manteau de laine blanche des Servites de Marie suggéra alors aux Parisiens le nom de « Blancs-Manteaux ». De premiers bâtiments conventuels et une église furent édifiés le long de la rue de la Petite-Parcheminerie (actuelle rue des Blancs-Manteaux), adossée à la muraille de Philippe-Auguste.

L’ordre mendiant des Servites de Marie fut toutefois supprimé à la suite d’un concile tenu à Lyon en 1274 : c’est ainsi que le monastère des Blancs-Manteaux revint aux ermites de Saint-Guillaume, dits Guillemites, habillés de noir. Le nom de « Blancs-Manteaux » perdura néanmoins dans l’esprit des habitants du quartier, d’autant qu’il fut donné à la rue desservant l’établissement religieux. L’aménagement du monastère des Blancs-Manteaux se poursuivit contre l’enceinte de Philippe-Auguste, à l’intérieur des limites de Paris. Un accès fut même percé dans le mur en 1344, afin de permettre aux moines d’accéder directement aux jardins, situés au-delà de la porte Barbette. Les bâtiments situés à l’extérieur de l’enceinte fortifiée furent plus tard entièrement ruinés pendant la guerre de Cent-ans.

A la fin du XIVe siècle, les Guillemites firent édifier une nouvelle église, consacrée en 1397, pour remplacer l’édifice primitif qui tombait en ruines. En 1422, Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI et galant de la reine Isabeau de Bavière, perdit la vie, assassiné, non loin de la porte Barbette, qui n’était jamais plus fermée et demeurait sans corps de garde (la construction de l’enceinte de Charles V, vers 1360, avait retiré tout rôle militaire à la muraille de Philippe-Auguste). C’est dans la nouvelle église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux que fut déposé le corps du prince.

Au début du XVIIe siècle, les Guillemites se rapprochèrent des Bénédictins de Saint-Faron, situés dans le diocèse de Meaux. En 1618, le prieuré des Blancs-Manteaux adhéra à la congrégation bénédictine de Saint-Vanne, bientôt dénommée « congrégation de Saint-Maur « . Des lettres patentes de Louis XIII confirmèrent l’attribution aux Bénédictins des Blancs-Manteaux.

A cette époque, le quartier du Marais accueillait de nombreux établissements religieux. Le monastère des Blancs-Manteaux, doté d’une bibliothèque de plusieurs milliers de volumes, devint un foyer d’érudition très actif, aussi influent que l’abbaye de Saint-Germain-des-Près. Dans le dernier quart du XVIIe siècle, l‘abandon de l’enceinte de Philippe-Auguste permit aux moines des Blancs-Manteaux de développer leur établissement, dont ils fournirent de nouveaux plans.  En 1685, l’architecte Charles Duval reçut la charge de reconstruire et d’étendre les bâtiments existants. Il dirigea notamment le chantier d’une nouvelle église, sur un axe nord-sud mais, faute de fonds, ce chantier s’interrompit, laissant l’édifice amputé d’une travée et privé de sa façade.

Simultanément, à l’est de l’église, les bâtiments du monastère sortirent de terre, occupant un quadrilatère compris entre la rue de Paradis (actuelle rue des Francs-Bourgeois) et celle des Blancs-Manteaux.

   

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La nef

  La nouvelle église des Blancs-Manteaux possède une nef longue de cinq travées, séparée des bas-côtés par des piliers carrés, cantonnés de pilastres corinthiens. Cette nef, ainsi que le chœur sont couverts d’une voûte en berceau et à pénétration, qui permet de ménager des ouvertures pour les fenêtres hautes.

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L’élévation de la nef et les reliefs décoratifs

Les pilastres se dressent entre les arcades en plein cintre qui entourent le vaisseau central. L’entablement filant sous les fenêtres hautes de l’étage comprend une frise, surmontée d’une puissante corniche à modillons. Cette frise est ornée, à gauche, des signes de l’Ancienne Alliance (le chandelier à sept branches, l’Arche de Noé…), et à droite, de leur réalisation dans la Nouvelle (le Christ en croix, le tabernacle d’autel…). En alternance, des initiales (« A.M. », pour « AVE MARIA », « S.B. » pour « SAINT BENOIT »….) se répètent tout au long de la frise.

Les arcades bordant la nef sont en outre décorées de bustes en relief inscrits dans des médaillons ornés de fleurs : ces médaillons représentent, à gauche et à droite du maître-autel, le Christ et la Vierge Marie, puis le mot « PAX » sur trois clous et le sceau de la Congrégation de saint Maur. Les autres médaillons portent les bustes des douze apôtres avec l’attribut de leur martyr ou de leur fonction. Les figures de saint Benoît, saint Maur, Saint-Louis et du roi David complètent le programme. 

Cette large nef se développe, sans interruption, jusqu’au chœur et au sanctuaire. Elle est flanquée d’un couloir de circulation, plus déambulatoire que véritables bas-côtés, qui contourne l’hémicycle du chœur. Le couloir ouest est percé de chapelles latérales étroites et plus ou moins profondes.

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La chapelle des fonts baptismaux

Prolongeant le bas-côté ouest, la chapelle des fonts baptismaux n’est par exemple qu’un simple renfoncement dans le mur : elle abrite une cuve en marbre rouge, protégée d’une grille en fer forgé. Le tableau d’autel est une copie d’après Murillo, représentant La Sainte Famille.

 

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De l’autre côté de la nef, la chapelle Sainte-Geneviève, construite entre 1843 et 1844, est en revanche une vaste salle rectangulaire, éclairée par quatre baies en demi-lune. Dotée d’un autel, édifié contre son mur nord, et d’une statue de la patronne de Paris, acquise en 1845, cette chapelle reçoit un ensemble de six toiles de l’École française du XVIIe siècle, groupées en polyptyque, dont l’auteur demeure inconnu malgré la qualité de l’exécution. Elles représentent six événements tirés de l’Ancien Testament, considérés comme des figures et des signes de Sainte Eucharistie.

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La chaire de Vérité

En 1864, le curé de Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux fit l’acquisition, pour son église, de cette somptueuse chaire en marqueterie de bois, d’ivoire et d’étain. De style « rococo », elle serait l’œuvre d’artisans allemands, originaires de Bavière du nord ou de Franconie inférieure.

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L’un des médaillons de la chaire

La rampe tournante qui borde l’escalier menant à la cuve est ornée de médaillons encadrés d’une épaisse moulure dorée, rappelant des points clés de l’enseignement du Sauveur. Les scènes sont tirées de l’Évangile ; elles soulignent l’ascension que le Sauveur attend de nous. Le troisième médaillon (ci-dessus) montre des pharisiens discutant avec Jésus sur le but et l’authenticité de sa mission ; Jésus leur déclarant : «Qui est de Dieu, entend les paroles de Dieu…» (Jean 8, 31-59).  

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La chaire de la Vérité : l’archange saint Michel terrassant le démon

Un cul-de-lampe ouvragé termine la partie inférieure de la cuve. Celle-ci est par ailleurs surmontée d’un abat-son dont le sommet est un saint Michel terrassant le Diable, entre quatre évangélistes assis à la base de quatre consoles renversées. Le dessous de l’abat-voix est orné d’une colombe en gloire, symbole du Saint-Esprit.        

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La façade de l’église Saint-Eloi-des-Barnabites, appliquée sur la nef des Blancs-Manteaux

Élevée sur un axe nord-sud, l’église demeura longtemps sans façade, simplement dotée d’une entrée percée dans le mur sud, constituée d’une porte cintrée et encadrée de pilastres. L’église et les bâtiments claustraux furent vendus en 1796-97 ; le monastère disparut peu à peu. Après avoir servi de salle de réunion et de grange, l’église conventuelle devint paroisse en 1802.  

En 1863, Victor Baltard ajouta une travée à la nef et y appliqua la façade de l’église Saint-Eloi-des-Barnabites, démolie lors du percement du boulevard du Palais. Dessinée par Sylvain Cartaud en 1705, cette façade présente un grand portail cintré, séparé des entrées latérales par des pilastres doriques et surmonté d’une frise à triglyphes. Au-dessus d’une corniche au larmier en forte saillie, une large baie, flanquée de pilastres à chapiteau ionique, perce le niveau supérieur. La composition de l’étage est calée par deux contreforts à enroulement, décorés de feuilles d’acanthe ; elle est couronnée d’un fronton droit sculpté d’angelots.

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