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L’église Saint-Paul-Saint-Louis (1627-1641)

Rue Saint-Antoine

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atelier de Simon Vouet

Louis XIII offrant à saint Louis le modèle de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, vers 1650, huile sur toile, Paris, église Saint-Paul-Saint-Louis, chapelle de la Vierge

L’église Saint-Paul-Saint-Louis a été édifiée dans un quartier marqué par le patronage de saint Paul. C’est en 1627 que Louis XIII posa la première pierre de l’édifice pour la Maison professe des Jésuites. Le chantier fut confié à Etienne Martellange (1568-1641) et au Père jésuite François Derand (1588-1644), qui établirent un compromis entre le plan à nef unique bordée de chapelles (sur le modèle de l’église du Gésù, à Rome) et le plan en forme de croix latine, de tradition française.

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Les vestiges de Saint-Paul-des-Champs

L’église Saint-Paul-Saint-Louis n’est pas le premier édifice cultuel dédié à saint Paul l’Ermite à avoir été construit en ces lieux : une « chapelle Saint-Paul-des-Champs » se dressait un peu plus à l’ouest. Elle était, à l’origine, l’église cimétériale du monastère Saint-Éloi, que le roi des Francs Dagobert Ier avait fondé sur l’île de la Cité, à l’emplacement de l’actuelle préfecture de police.

Rebâtie et transformée en église paroissiale au XIIe siècle, puis reconstruite au XVe siècle, Saint-Paul-des-Champs fut vendue, comme « bien national », à un marchand  de bois, en 1796, tout comme le cimetière Saint-Paul et la grange Saint-Eloi qui la jouxtaient. L’acquéreur procédé à sa démolition pour en récupérer les matériaux, peu avant le percement de la rue Neuve-Saint-Pierre. Les vestiges de Saint-Paul-des-Champs sont encore visibles à l’angle des rues Neuve-Saint-Pierre et Saint-Paul.

vue depuis quai d'anjou

Le dôme de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, depuis le quai d’Anjou

Les deux architectes ont construit, pour Saint-Paul-Saint-Louis, un dôme octogonal, surmonté d’un lanternon, à la croisée du transept. Dissimulé entièrement par la haute façade principale de l’église, le dôme peut être contemplé depuis la rue des Jardins-Saint-Paul ou d’un peu plus loin, depuis le quai d’Anjou, sur l’île Saint-Louis. Ce dôme était considéré, au moment de sa construction, comme le plus important de cette forme en France.

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La façade principale

La façade occidentale de Saint-Paul-Saint-Louis renvoie aux modèles baroques italiens, même si sa verticalité, à la manière d’un haut frontispice, évoque également l’architecture gothique. Elle comprend trois travées sur les deux premiers niveaux et une seule travée centrale au registre supérieur. Cette disposition est soulignée par un ressaut central et des colonnes accouplées, sur l’exemple de Saint-Gervais-Saint-Protais, mais avec un accent plus décoratif.

Les trois ordres superposés, l’usage de colonnes massives et de frontons, la disposition d’ailerons pour amortir le dernier étage et l’ornementation foisonnante (festons, entrelacs, vases enflammés), caractérisent le style jésuitique.

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Le lycée Charlemagne

La Maison professe des Jésuites fit construire plusieurs bâtiments au sud-ouest de l’église, près des vestiges de l’ancienne enceinte de Philippe Auguste, où la communauté a vécu et étudié jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Après la suppression de la Compagnie de Jésus en 1762, ces lieux furent acquis par les chanoines du prieuré Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers.

L’ancien noviciat devint alors le « Prieuré Royal de Saint-Louis de la Couture ». En 1773, les chanoines louèrent la grande galerie, autrefois bibliothèque des Jésuites, à la Ville de Paris, qui y aménagea une bibliothèque publique. Créée en 1738 dans l’Hôtel de Lamoignon, elle occupa cette vaste salle jusqu’en 1790.

En 1795, le Comité d’Instruction publique créa l’École centrale de la rue Saint-Antoine dans les bâtiments de la Maison professe des Jésuites. En 1802, cette école fut débaptisée et devint « lycée Charlemagne ».

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L’horloge de la façade (1627)

Sous la Révolution, l’église Saint-Paul-Saint-Louis était devenue dépôt de livres et Temple de la Raison. Dans les dernières années du XVIIIe siècle, on replaça l’horloge de Saint-Paul-des-Champs sur sa façade en remplacement du monogramme « IHS » des Pères Jésuites.

C’est seulement à la suite du Concordat signé entre la France et le Saint-Siège que le culte catholique fut rétabli à Saint-Paul-Saint-Louis. Bien plus tard, en 1860, la Ville de Paris passa commande des statues logées dans les niches des étages : Saint Louis, par Eugène-Louis Lequesne, Sainte Anne, par Antoine Etex et Sainte Catherine, par Auguste Préault.    

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La nef

L’église Saint-Paul-Saint-Louis comprend une nef unique de quatre travées, bordée de chapelles communicantes. Cette nef relie un transept légèrement débordant, mais large, que surplombe une coupole monumentale. Inscrit dans le prolongement de la nef, le transept précède une travée droite, qui communique avec deux chapelles latérales en absidioles et mène au chœur en hémicycle.

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L’élévation de la nef

La nef est bordée de grandes arcades, surmontées de tribunes, que séparent des pilastres colossaux à chapiteau corinthien. Ces pilastres supportent un bel entablement, dont la frise est décorée de rinceaux et de cartouches ornés alternativement de têtes de chérubin et des monogrammes « IHS » (« Jésus sauveur des hommes » ou « Nous avons Jésus pour compagnon ») et « AM » (« Ave Maria »).

La corniche saillante de l’entablement ménage un passage fermé par un garde-corps en fer forgé ; celui-ci circule autour de l’édifice, à la base des fenêtres hautes. L’élévation du transept et du chœur adopte le même dispositif.

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La chapelle Saint-Louis

Les chapelles latérales sont peu profondes, mais elles présentent, comme il se doit, un autel à décor architectural, orné d’un grand tableau. A gauche de la nef, la première chapelle abrite les fonts baptismaux. Les chapelles suivantes sont consacrées à Saint Louis et à saint Joseph.

Dans la chapelle Saint-Louis, le retable d’autel est la copie tardive (Leduc, 1831) d’un tableau disparu de Le Brun, connu par une gravure d’Édelinck : il représente Saint Louis vénérant la couronne d’épines ramenée de Terre Sainte.

A droite de la nef, une chapelle latérale est consacrée à saint Paul : le retable d’autel de cette chapelle illustre un épisode peu connu : Le Baptême de Lydie par Paul à Athènes

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La chapelle de la Vierge

Le transept abrite deux chapelles : l’une, dans le croisillon gauche, est consacrée au Sacré-Cœur-de-Jésus (elle abritait autrefois le mausolée contenant le cœur du Grand Condé) ; l’autre, dans le croisillon droit, à la Vierge Marie.

L’autel de ces deux chapelles s’insère dans un somptueux décor architectural qui s’articule autour d’une niche encadrée par de puissantes colonnes et des demi-pilastres à chapiteau corinthien. Pilastres et colonnes soutiennent un fronton courbe, orné de vases enflammés et de figures sculptées. Dans la chapelle de la Vierge, cette architecture sert d’écrin à une Vierge à l’Enfant (1828).

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Eugène Delacroix (1798-1863)

Le Christ au jardin des oliviers, Salon de 1827, huile sur toile, Paris, église Saint-Paul-Saint-Louis, chapelle du Sacré-Cœur-de-Jésus

Dans les parties hautes des chapelles du transept, quatre peintures évoquaient l’un des dédicataires de l’église : Saint Louis. Trois peintures sont encore en place, mais la quatrième a été remplacée par un tableau remarquable d’Eugène Delacroix, représentant Le Christ au jardin des oliviers.

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Nicolas-Sébastien Adam (1705-1778)

La Religion instruisant un jeune américain, 1745, plâtre, Paris, église Saint-Paul-Saint-Louis, chapelle de la Vierge

Deux groupes en plâtre encadrent l’autel de la chapelle de la Vierge. Nicolas-Sébastien Adam, dit « le Jeune » imagina le groupe placé à la gauche de l’autel, qui représente la Religion, sous la figure d’une jeune femme brandissant la Croix, et un jeune « Sauvage » prosterné en prière.

Protégé par son frère aîné, Lambert-Sigisbert, et engagé par Boffrand pour le décor de stucs de la chambre à coucher de la princesse, à l’Hôtel de Soubise, Adam le Jeune travailla souvent pour le décor des églises et fut notamment l’auteur de plusieurs monuments funéraires (Monument funéraire de la reine Catherine Opalinska, Nancy, église Notre-Dame de Bon-Secours).

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Jean-Joseph Vinache  (1696-1754)

L’Ange de la Religion foudroyant l’Idolâtrie, vers 1743-1745, plâtre, Paris, église Saint-Paul-Saint-Louis, chapelle de la Vierge

Le groupe disposé à la droite de l’autel, sculpté par Jean-Joseph Vinache, représente L’Ange de la Religion foudroyant l’Idolâtrie. Les sculptures d’Adam le Jeune et Vinache font ainsi allusion aux missions jésuites du Nouveau Monde. Elles ne furent jamais taillées dans le marbre.     

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La coupole sur pendentifs

La coupole surplombe la croisée du transept : elle est surmontée d’un lanternon, dont les verrières éclairent l’intérieur de l’édifice d’une lumière zénithale. Sa calotte est divisée en seize portions décorées alternativement de figures géométriques, de figures et d’ornements végétaux. Elle s’appuie sur un tambour décoré de seize pilastres composites géminés, qui encadrent alternativement des fenêtres en plein cintre et des peintures en grisaille.

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Saint Louis

Ces figures peintes en grisaille, réalisées par Paul-Joseph Blanc en 1873, représentent quatre rois de France : Robert le Pieux, Clovis, Charlemagne et Saint Louis.

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Médaillon représentant saint Luc, accompagné du taureau ailé

Le tambour de la coupole repose sur quatre pendentifs ornés de grands médaillons représentant Les Évangélistes, dont les dessins reviennent peut-être à Derand. Ce choix iconographique sera repris plus tard pour la coupole de l’église abbatiale Notre-Dame-du-Val-de-Grâce.

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Les passages encadrant les bras du transept sont garnis de boiseries sculptées et l’une de ces boiseries est ornée d’une peinture. Cette peinture (Assomption de la Vierge ?) décore la voûte en berceau précédant la chapelle en absidiole située à la droite du chœur.

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Les parties hautes du chœur

La nef est couverte d’une voûte d’arêtes, renforcée d’arcs doubleaux décorés de têtes de chérubin et de rosaces. Dans les travées tournantes du chœur, les arêtes se resserrent et se creusent davantage, enserrent des fenêtres hautes plus étroites, s’épaississent et reçoivent le même décor sculpté. Elles rayonnent et rallient la clé de voûte formant un grand médaillon représentant la figure de Dieu bénissant.

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Les têtes de chérubins décorant le sommet des grandes arcades dans les travées tournantes du chœur

Les chapelles en absidiole, situées de part et d’autre de la travée droite du chœur, s’ouvrent par de grandes arcades dont les écoinçons présentent des anges exhibant les instruments de la Passion. Dans les travées tournantes du chœur, le sommet des grandes arcades est décoré de têtes de chérubins émergeant d’une nuée.

Deux anges d’argent drapés de vermeil, qui servaient de reliquaires et contenaient les cœurs embaumés de Louis XIII (à gauche) et de Louis XIV (à droite), étaient en outre suspendus dans l’intrados de chaque arcade. Ces reliquaires, réalisés par Jacques Sarrazin et Guillaume Ier Coustou, furent retirés et détruits sous la Révolution.

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La chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

  La chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (celle du Cœur de Louis XIII) abrite aujourd’hui la Vierge de douleur de Germain Pilon, commandée par Catherine de Médicis pour la Rotonde des Valois. Déposée au Louvre, avec les autres marbres de la rotonde jamais réalisée, dans la salle des antiques que l’on considérait alors comme un magasin, la Vierge de Pilon fut retirée et placée au couvent des Petits-Augustins, dont Alexandre Lenoir fit, le 15 mars 1796, le « musée des Monuments français ». Le même Lenoir l’envoya à Saint-Paul-Saint-Louis, le 23 octobre 1802. 

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Germain Pilon (1537-1590)

Vierge de douleur, 1586, marbre, Paris, église Saint-Paul-Saint-Louis, chapelle du Cœur de Louis XIII

Avec cette Mater dolorosa, Germain Pilon renouvelait l’iconographie traditionnelle, puisqu’il représente la Vierge seule sur le rocher du Calvaire, contrairement à ses prédécesseurs, qui l’avaient représentée avec son fils mort sur ses genoux (Pièta).

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Le passage Saint-Paul

Depuis le collatéral gauche de l’église, une petite porte donne sur un étroit et pittoresque passage, qui file à découvert, passe sous deux immeubles, avant de rallier la rue Saint-Paul. Il fut d’abord dénommé « avenue des Jésuites », en raison des maisons, situées en bordure, qui leur appartenaient, puis « passage Saint-Louis » et enfin « Saint-Paul ».

Le passage Saint-Paul est indiqué sur le plan tracé par Jacques Gomboust au milieu du XVIIe siècle. En 1730, le plan dessiné par Roussel le rattache clairement aux Jésuites. En revanche, en 1775, le plan de Jaillot ne désigne plus qu’une simple impasse, plus exactement un « cul-de-sac ». C’est en 1877 qu’on le dénomma définitivement « passage Saint-Paul ». 

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