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L’Hôtel de Ville (1533-1628 / 1837-1846 / 1873-1882)

Place de Grève

janinet ancien hotal ville

Jean-François Janinet (1752-1814)

Vue de l’hôtel de Ville de Paris, prise du côté de la place, 1810, gravure, château de Versailles

C’est en place de Grève (actuelle place de l’Hôtel de Ville) que se situait la « maison aux piliers », où siégeait la prévôté des marchands, à l’origine de la municipalité parisienne. En 1357, Etienne Marcel fit l’acquisition de cette bâtisse, qui comprenait deux cours, une chambre de parade, une chapelle, une grande salle et un grenier destiné à l’artillerie de la ville. Englobé dans le nouvel Hôtel de Ville ordonné par François Ier en 1533, la « maison aux piliers », menaçant ruine, fut démolie en 1589. L’architecte italien Domenico da cortona (Dominique de Cortone 1465-1549), dit « Boccador », dessina le nouveau bâtiment, dont la construction, achevée en 1628, fut confiée, après la mort de « Boccador », par Guillaume Guillain, puis Marin de La Vallée.

  La façade du bâtiment imaginé par Dominique de Cortone, de style Renaissance, présentait un corps de logis flanqué de pavillons latéraux, dont l’une des travées était en encorbellement. Au rez-de-chaussée, deux portes cochères, voûtées en plein cintre, permettait l’accès à la cour intérieure. Elles encadraient la porte d’entrée axiale, qui était surmontée d’un grand bas-relief en bronze, représentant Henri IV à cheval, exécuté en 1604 par Pierre Biard l’Aîné (1559-1609).

A l’étage, des niches à sculpture ornaient les trumeaux des fenêtres. Une horloge, conçue par Jean-André Lepaute (1720-1789), mise en place en 1781, soulignait la base du toit à comble élevé du corps de logis. Les combles de l’Hôtel de Ville étaient par ailleurs percés de lucarnes et singularisés par de hautes cheminées.

Selon un article paru dans le Magasin pittoresque en 1833, « on entr[ait] dans l’Hôtel de Ville par un perron extérieur composé de plusieurs marches; lorsqu’on [était] arrivé sous le bâtiment, on en mont[ait] encore un plus grand nombre; par cette entrée, on parv[enait] jusqu’à une cour décorée d’arcades au-dessus desquelles on lisait autrefois des inscriptions… 

Louis XIV    DSCF3639

Antoine Coysevox

Louis XIV à l’antique, commandé par le prévôt des marchands et les échevins de la Ville de Paris pour remplacer une précédente effigie du sculpteur Gilles Guérin, qui montrait Louis XIV écrasant la Fronde, 1689, bronze, hauteur : 250 cm, Paris, Cour d’honneur de l’Hôtel Carnavalet.

…relatives à l’histoire de Louis XIV. La statue pédestre et en bronze de ce roi [était] placée sous une de ces arcades, ornée de colonnes ioniques en marbre, avec chapiteaux et bases de bronze dorée ; cette statue est portée sur un piédestal chargé de bas-reliefs et d’inscriptions ; elle est de Co[y]sevox et représente Louis XIV, vêtu et cuirassé à la grecque, et par un étrange et ridicule anachronisme, coiffé à la française avec une énorme perruque, comme on les portait sous son règne. Pendant la Révolution, on enleva cette statue pour la disposer dans les magasins du Roule, où elle fut mutilée ; elle a été restaurée en 1814 et rétablie à son ancienne place [aujourd'hui, dans la Cour d'honneur du musée Carnavalet]. Dans cette même cour, on voyait encore en 1817 quelques-uns des portraits en médaillons de plusieurs prévôts des marchands ; on a eu depuis la

festin htel ville paris salle trône

Pierre Lepautre

Festin donné à Louis XIV  dans la Grande Salle du Trône, à l’Hôtel de Ville, 1687, dessin, BNF, Estampes

maladresse de les faire disparaître à force de vouloir reblanchir et gratter. L’intérieur de l’Hôtel de Ville contient de grandes salles, dont la plus belle et la plus célèbre est la salle du Trône ; à ses extrémités sont deux vastes cheminées ornées de persiques, cariatides bronzées et de figures allégoriques couchées sur des plans inclinés ; elles furent construites sous Henri IV. C’est dans cette salle que l’on voyait tous les tableaux qui avaient rapport à l’histoire de la municipalité (…). Pendant la Révolution, on construisit dans cette enceinte un amphithéâtre demi-circulaire où siégeaient les représentants de la commune de Paris qui, vers la fin de l’Assemblée législative, et durant toute l’existence de la Convention nationale, furent maîtres de Paris, et organisèrent tous les mouvements qui agitèrent la grande cité et la France pendant cette terrible époque.

En 1819, on [posa] au centre de la salle du Trône, une statue équestre de Henri IV, de petite proportion, et semblable à celle qui figure sur le Pont-Neuf. C’est dans cette salle que se cél[ébrai]ent les cérémonies publiques, fêtes, bals et banquets, que donne la Ville.

A côté de la salle du Trône [était] la salle du Zodiaque, ornée de bas-reliefs et de tableaux [se rapportant] à son nom. [Ce fut] dans la vaste pièce de la galerie Saint-Jean que l’on [transféra], en 1817, la Bibliothèque de la Ville (…). 

En 1801, on établit dans l’Hôtel de Ville les bureaux de la préfecture du département de la Seine ; à cette époque, il reçut des accroissements considérables par suite de la démolition des bâtiments de l’église et de l’hôpital du Saint-Esprit, situés au nord, et d’une partie de l’église de Saint-Jean-en-Grève, située à l’est de l’Hôtel. C’est sur l’emplacement de l’hôpital du Saint-Esprit [que fut] construit l’hôtel particulier du préfet de la Seine, dans lequel se trouv[ai]ent trois pièces, l’antichambre, la salle de billard et le salon de réception, (…) décorées de la même manière, et séparées seulement par des cloisons mobiles, en sorte qu’elles p[ouvai]ent ne former à volonté qu’une seule pièce, appelée la salle des Fastes.

Les salles de l’Hôtel de Ville serv[ir]ent de réunion à plusieurs sociétés de sciences et de beaux-arts.

Les principaux souvenirs historiques qui se rattachent à ce grand monument embrassent la formation et le développement du pouvoir de la municipalité parisienne, la lutte énergique soutenue par les prévôts en faveur des privilèges et de l’autorité de la Ville contre la noblesse et la royauté. Le pouvoir municipal, comme tous les autres pouvoirs, fut affaibli et abaissé sous Louis XIV, mais il se releva plus puissant et plus indépendant à l’époque de la Révolution de 89. Napoléon réduisit la municipalité de Paris à une simple machine administrative. A l’époque de la Révolution de Juillet [1830], nous avons vu, durant quelques jours, cette municipalité reprendre son autorité populaire, choisir un roi, le recevoir dans son palais et le présenter au peuple »

(« Hôtel de Ville de Paris », in : Magasin pittoresque, 31 août 1833, pp. 249-250) 

 

Place de l’Hôtel-de-Ville

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Henri Lemaire

Henri IV à cheval, 1834, d’après le modèle en plâtre exécuté en 1815, bronze, Paris, musée Carnavalet, cour Henri IV 

L’Hôtel de Ville fut l’un des théâtres majeurs de la Révolution française. En 1792, c’est en place de Grève qu’eut lieu la première exécution par guillotine. Le bâtiment souffrit malheureusement des soulèvements de la population : le bas-relief représentant Henri IV à cheval de Biard l’Aîné, fort endommagé, fut détruit.

En 1803, la place de Grève prit le nom de « place de l’Hôtel de Ville ». A la proclamation de l’Empire, peu après la cérémonie du sacre, le préfet de police Nicolas Frochot reçut solennellement Napoléon Ier, qui assista à un feu d’artifice.

Dès le retour des Bourbons et l’avènement de Louis XVIII, l’image des rois de France reparut dans la capitale, ne serait-ce qu’à travers l’érection de nouvelles statues royales pour remplacer celles renversées à la Révolution. A l’Hôtel de Ville, le sculpteur Henri Lemaire fut chargé de concevoir une nouvelle effigie d’Henri IV à cheval pour le tympan de la porte centrale, comme autrefois le relief de Biard l’Aîné. Le bronze définitif ne remplaça toutefois le modèle en plâtre qu’en 1834.

hotel de ville godde lesueur

 Hôtel-de-Ville de Paris – Vue prise du côté de la rivière -Architectes, seizième siècle : Dominique Cortone ; 1840, Messieurs Godde et Lesueur

 (in : Magasin pittoresque, décembre 1840, p. 393)

 Devenu trop exigu, le bâtiment de Cortone dut subir de profonds remaniements sous le règne de Louis-Philippe. Ce chantier, confié aux architectes Etienne-Hippolyte Godde (1781-1869) et Jean-Baptiste Lesueur (1794-1883), se déroula entre 1837 et 1846. Il fit l’objet d’un nouvel article du Magasin pittoresque :

« Il y avait déjà long-temps que l’on était préoccupé de la nécessité d’étendre les dimensions de l’Hôtel-de-Ville. C’était surtout à l’occasion des fêtes publiques que son insuffisance se faisait vivement sentir. Dès qu’une cérémonie attirait à la maison commune un concours de plusieurs milliers de personnes, il fallait modifier toutes les dispositions intérieures, élever à grands frais des constructions provisoires, suspendre l’action des services administratifs, prodiguer sur des toiles des embellissements d’un jour. Les dépenses ainsi faites en pure perte depuis la Révolution française s’élèvent à des sommes qui auraient suffi pour élever un monument tout entier de granit et de marbre.

Ce désordre avait frappé l’empereur. En 1811, après une fête dont les apprêts avaient coûté près de 600 000 francs, il ordonna que des constructions nouvelles et définitives seraient érigées pour donner à l’Hôtel-de-Ville toute l’extension qui était devenue nécessaire. M. Godde fut chargé de rédiger un programme. Dans sa pensée, l’Hôtel de Ville nouveau aurait eu sa façade principale en regard de la rivière, sur la rue Impériale projetée du Louvre à la Bastille et se serait étendue jusqu’à la rue de la Verrerie ; la dépense était évaluée à 25 000 000 francs. La chute de l’empire fit renoncer à ce projet, conçu sur des bases trop larges eu égard aux besoins réels et à la valeur nouvelle des propriétés à démolir.

La pensée de l’agrandissement de l’Hôtel de Ville fut reprise en 1832. L’énormité des dépenses toujours renouvelées en constructions provisoires, la nécessité de concentrer à l’Hôtel de Ville quelques services dont les locaux absorbaient à eux seuls un capital de plus de 1 200 000 fr., et d’établir de nouvelles et commodes distributions à l’intérieur, furent les causes qui déterminèrent l’administration municipale à étudier un nouveau programme qui répondit aux exigences du présent et de l’avenir.

M. Godde fut encore chargé de ce grand travail ; M. Lesueur, architecte, lui fut adjoint pour la rédaction du projet définitif et l’exécution des travaux. Aujourd’hui le plan de cet habile artiste est en partie exécuté.

hotel de ville vers 1865

Charles Marville (1813-1879)

L’Hôtel de Ville de Paris, vers 1865, tirage sur papier albuminé, BNF, Estampes & Photographies 

L’ancienne façade a subi une restauration complète. Trois façades nouvelles sont venues se grouper aux deux côtés de l’ancien Hôtel-de-Ville et sur l’emplacement de la salle Saint-Jean. Sauf de légères différences, elles sont calquées sur le vieux monument, qui peut-être aurait dû avoir une plus grande part dans l’effet général, et ne pas être autant exposé à être confondu avec des constructions modernes. Ces importantes additions ont nécessité la démolition des bâtiments élevés au Tourniquet Saint-Jean et d’une partie de la rue du Monceau-Saint-Gervais, la démolition des maisons agglomérées du pavillon sud au quai de la Grève, l’ouverture d’une rue nouvelle du Tourniquet-Saint-Jean vers la Seine, enfin le débouché de la rue des Coquilles. Au milieu du vaste parallélogramme que formeront avec l’ancienne façade les trois façades nouvelles , subsisteront les dépendances du vieil Hôtel-de-Ville avec leur cour surélevée d’un étage. Obligé de conserver cette partie du monument, l’architecte a été dans l’impossibilité de ménager des entrées parallèles dans les cours intérieures, et ce défaut frappe l’œil le moins exercé. 

Les travaux intérieurs ne sont pas encore assez avancés pour qu’il y ait lieu d’en donner dès aujourd’hui la description. Nous nous bornerons donc à indiquer ici la destination de chacun des bâtiments nouveaux.

Le corps de bâtiment qui regarde la rivière, et devant lequel on a aménagé un élégant jardin circulaire, contiendra, à l’entresol, l’habitation du préfet de la Seine et de sa famille ; au premier, les salons de réception ; au second, les archives de la préfecture.

L’aile en retour sur la rue Lobau est presque entièrement consacrée aux grandes réunions des fêtes publiques ; là sont les salles de bal et les vastes locaux susceptibles de recevoir un immense concours de personnes. Dans les jours de grande solennité, la communication entre les salons de l’aile Est avec la salle du Trône s’établira par les salons des bâtiments du Midi et par la cour de l’ancien Hôtel-de-Ville, transformée en un jardin suspendu ou en un élégant salon. Les portiques de l’ancienne façade et du bâtiment de la rue Lobau rendront facile la libre circulation des voitures et des personnes invitées à ces fêtes. Au-dessus des grands salons municipaux sera installée la Bibliothèque de la Ville (…).

Quant aux anciens bâtiments, ils recevront le conseil municipal, l’administration des hospices, et les bureaux. A gauche de la salle du Trône sera l’entrée des appartements préparés pour le roi dans l’aile qui est ajoutée au prolongement et sert à raccorder la vieille façade au pavillon du bâtiment du Midi.

(…) »

(in : Magasin pittoresque, décembre 1840, pp. 393-394)

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Hubert Clerget

Hôtel de Ville. Cour d’honneur, après 1855, lithographie, BNF, Estampes, collection De Vinck

Sous le Second Empire, l’Hôtel de Ville reçut de nouveaux embellissements. En 1855, la Cour du centre, qui avait été jusqu’alors à ciel ouvert, fut vitrée, dorée et revêtue de marbre, en vue de la fête donnée à la reine Victoria, en visite à Paris, sur l’invitation de l’Empereur Napoléon III. Dans cette cour, un élégant escalier rappelant celui de Fontainebleau fut également construit, exprès pour que la reine y posât le pied la première.  

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Charles Marville (1813-1879)

L’Hôtel de Ville de Paris incendié, 1871, tirage sur papier albuminé, BNF, Estampes & Photographies 

A la chute du Second Empire, les Parisiens envahirent l’Hôtel de Ville, dont ils furent rapidement chassés. Mais durant les premiers temps de la Commune, plusieurs monuments liés au pouvoir déchu furent délibérément incendiés. En proie aux flammes le 24 mai 1871, l’Hôtel de Ville partit en fumée à l’exception de ses façades, fort endommagées. Les Communards prirent pour cible l’effigie d’Henri IV à cheval, qu’il tentèrent d’arracher de son support.

Les prises de vue de Charles Marville, tirées avant et après l’incendie de 1871, conservent le souvenir de l’ancien Hôtel de Ville de Paris : aussi bien la façade « Renaissance » de Cortone (partie centrale), que les travées et pavillons latéraux, ajoutés sous le règne de Louis-Philippe.  

Bois sud des jardins du Trocadéro

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Les fragments de maçonnerie d’une lucarne de l’ancien Hôtel de ville de Paris

Les bâtiments incendiés subsistèrent à l’état de ruine pendant quelques temps, avant d’être entièrement démolis. Les façades encore débout furent un sujet de choix pour les pionniers de la photographie. Historiens et archéologues les étudièrent soigneusement. Ils en retirèrent quelques éléments dont ils jugeaient la conservation nécessaire en raison de leur valeur historique ou de leur qualité esthétique. Ces vestiges épars furent ensuite disséminés en plusieurs endroits.

Le fragment de maçonnerie d’une lucarne fut ainsi remonté dans les jardins du Trocadéro. Flanquant l’arc en plein cintre de la baie, les écoinçons portent, en façade, la figure d’une femme ailée (probable allégorie de la Victoire), vêtue d’une tunique laissant transparaître les formes généreuses de son corps.

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Tête de Méduse à chevelure de serpents ornant le fragment de maçonnerie d’une lucarne de l’ancien Hôtel de ville de Paris, remonté dans le bois sud des jardins du Trocadéro

L’une de ces deux allégories présente encore une branche d’olivier et une feuille de palme. Les deux figures posent le pied sur une tête de Méduse grimaçante.

Parc Monceau

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Une grande arcade de l’Hôtel de Ville est également disposée dans une allée du parc Monceau, près de la naumachie. Elle s’ajoute aux dernières « fabriques » de l’ancienne « folie de Chartres », préservées lors du réaménagement du parc Monceau en vaste square à l’anglaise. 

Place de l’Hôtel-de-Ville

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La façade principale de l’Hôtel de Ville de Paris, vue du sommet de la Tour Saint-Jacques

   Pressée de reconstruire sa maison commune, l’administration municipale lança un concours, remporté par les architectes Théodore Ballu et Edouard Deperthes. Ceux-ci proposèrent de reprendre le style « Renaissance » du Boccador et le plan général des bâtiments détruits, selon les agrandissements réalisés au XIXe siècle. La façade principale constitue ainsi un pastiche imitant l’ancienne façade « Renaissance » et ses augmentations modernes. Sa partie centrale, copie de l’édifice de Cortone, comprend un corps de logis flanqué de pavillons latéraux, dont les angles extérieurs supportent une tourelle en encorbellement.

A la fin du mois de juin 1882, l’architecture et les décors intérieurs du nouvel Hôtel de Ville étaient achevés : le bâtiment pouvait enfin être inauguré.

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Vue de l’Hôtel de Ville, depuis le pont Saint-Louis, entre le quai aux Fleurs et le quai d’Orléans, avec la pointe de l’île Saint-Louis

Le plan de l’actuel Hôtel de Ville forme un quadrilatère de quatre corps de bâtiment, dont les angles sont soulignés par des pavillons en saillie. Ces bâtiments s’articulent autour de deux cours principales (les Cours du nord et du sud), auxquelles s’ajoute la Cour du centre. 

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A gaucheJean-Esprit Marcellin (1821-1884), André Le Nôtre, 1880, pierre, Paris, façade principale de l’Hôtel de Ville

A droite : Jean-Antoine Injalbert, Germain Pilon, 1880, pierre, Paris, façade principale de l’Hôtel de ville

Conformément au bâtiment initial élevé au XVIe siècle, le nouvel Hôtel de Ville est éclairé de fenêtres à meneaux et coiffé de toits à comble élevé.

Les deux pavillons de la partie centrale présentent un rez-de-chaussée, percé de deux grandes arcades fermées d’une grille en fer forgé. Des niches à sculpture ornent l’étage, portées par des culs-de-lampe qui reposent sur des consoles renversées. Ces niches flanquent des baies surmontées d’un œil-de-bœuf.

Elles abritent des statues en pied d’hommes de lettres, des arts, des sciences ou de l’administration. Des pilastres cannelés d’ordre composite décorent le second étage des pavillons, également percé de niches à sculpture. Une frise ornée de gargouilles file sous le toit, percé d’une lucarne richement ornée.

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Laurent-Honoré Marqueste (1848-1920)

L’Art, 1874, bronze, Paris, balustrade de la façade principale de l’Hôtel de Ville

Les travées de la partie centrale, rythmées de colonnes, s’articulent autour d’une porte d’entrée précédée d’un perron semi-octogonal et d’un parvis bordé de balustrades en pierre aux grilles en fer forgé. Deux statues de bronze décorent cette balustrade : elles représentent L’Art (par Laurent-Honoré Marqueste) et La Science (par Jules Blanchard).

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Le décor allégorique de l’horloge 

Chaque travée du rez-de-chaussée présente une baie en plein cintre surmontée d’un tympan, avec un médaillon en ornement. Les allégories du Travail et de L’Instruction, ainsi que deux autres figures à demi-couchées sur les rampants du fronton de couronnement, symbolisant La Seine  et La Marne, flanquent un cadran d’horloge. L’allégorie de La Ville de Paris domine cette composition ambitieuse. De part et d’autre, l’arête du comble porte une crête ornée de six statues d’hommes d’armes du XVe siècle.

Les bâtiments de liaison et les pavillons d’angle reprennent l’élévation de la partie centrale. Entre les pavillons, des statues décorent la base du toit, également scandée de lucarnes.

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Les allées du jardin de l’Hôtel de Ville 

La façade sur le quai est précédée d’un jardin clos d’une balustrade de pierre, dit « jardin de l’Hôtel de Ville ». Dans ce jardin ouvert aux promeneurs depuis le début de l’année 2015, se dresse le piédestal du Monument équestre d’Etienne Marcel, conçu par Jean-Antoine-Marie Idrac (1849-1884), achevé après la mort de son auteur par le sculpteur Marqueste.

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Le Monument équestre d’Etienne Marcel, vu depuis le quai

Cette façade tournée vers le fleuve présente deux niveaux superposés de baies en plein cintre, scandés de pilastres ioniques au rez-de-chaussée et de colonnes corinthiennes à l’étage, entre deux pavillons plus élevés.

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Le signe du Taureau, ornant la façade sur le quai

A la base du toit, douze statues, associées aux signes du Zodiaque, représentés entre les colonnes corinthiennes de l’étage, de part et d’autre d’un profil biface, représentent les expressions du génie parisien dans les manifestations des activités humaines. Un rang de lucarnes, alternant la pierre et le plomb, éclairent les combles.

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Le profil biface, situé au milieu des signes du Zodiaque

Le profil biface présente les visages d’un vieillard et d’une jeune femme tournés dans des directions opposées ; peut-être une allégorie de la Prudence, dont la double face permet à la fois de regarder vers le passé et vers l’avenir.

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Eugène-Antoine Aizelin (1821-1902)

La marquise de Sévigné, 1882, pierre, Paris, façade de l’Hôtel de Ville

Du côté de la façade sur le quai, les pavillons latéraux complètent également la galerie des hommes célèbres. Le rez-de-chaussée est toutefois réservé aux femmes illustres de la nation. La figure de la marquise de Sévigné occupe une niche du pavillon occidental : le modèle, dont on reconnaît la coiffure aux boucles étagées rendue célèbre par le pastel de Robert Nanteuil, présente une lettre, en allusion à la fameuse correspondance qu’elle entretint avec la comtesse de Grignan, sa fille.

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La figure d’Elisabeth Vigée-Le Brun, portraitiste de la reine Marie-Antoinette, sculptée par Edouard-Félicien-Alexis Pépin (né en 1853), orne le mur en retour du pavillon oriental. Vêtue d’une robe de mousseline serrée sous la poitrine, l’artiste porte palette, appui-main et pinceau. Elle occupe une niche située à proximité de la statue évoquant une autre femme illustre : Germaine de Staël.  

      La façade sur la rue de Lobau se compose d’un massif central flanqué de pavillons, de travées intermédiaires en retrait et de pavillons d’angle. Des baies en plein cintre et des colonnes à chapiteau corinthien et ionique animent, sur deux niveaux, les travées de la partie centrale. Un attique, percé d’oculi et couronné de frontons arrondis, termine l’élévation. Il présente plusieurs statues à l’aplomb des colonnes. Le rez-de-chaussée des pavillons latéraux forme un passage en plein cintre, gardé par des lions. Des niches à sculpture complètent, sur trois niveaux, la galerie d’hommes illustres sur les pavillons latéraux et les pavillons d’angle. Des groupes sculptés à la base du toit distinguent les travées intermédiaires.

hotel de ville saut-de-loup

Le saut-de-loup, du côté de la façade principale 

La façade sur la rue de Rivoli se compose d’un bâtiment intermédiaire à deux niveaux, dont les étages supérieurs sont en retrait, flanqué de deux pavillons, où se déploie la galerie d’hommes illustres. Un saut-de-loup bordé d’une grille en fer forgé isole le bâtiment.

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