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L’immeuble aux bustes d’Héloïse et Abélard (1849)

cour Napoléon du Louvre

 

statue d'Abélard

Pierre-Jules Cavelier (1814-1894)

Pierre Abailard, vers 1855-57, pierre, Paris, Louvre, Galerie des Hommes illustres de la cour Napoléon, aile Turgot

Théologien, philosophe et compositeur, Pierre Abélard (1079-1142) fut l’un des acteurs du renouveau des arts du langage au XIIe siècle. Il rencontra Héloïse (vers 1094-1164), nièce d’un chanoine de Notre-Dame de Paris, après être entré en religion. Elle devint son élève et entretint une relation amoureuse avec le séduisant Abélard.

Le scandale de leur amour éclata lorsque Fulbert surprit Abélard enlaçant Héloïse et révéla à son oncle qu’elle était enceinte. Les deux amants s’enfuirent alors au Pallet (Loire-Atlantique, près de Nantes), où Héloïse mit au monde un fils, prénommé Pierre Astrolabe.

Quai aux Fleurs

maison abélard Héloïse 2

Le cartouche au portrait d’Abélard

Pour apaiser la colère de Fulbert, Abélard accepta de ramener Héloïse à Paris puis, malgré les protestations de la jeune femme, de l’épouser. Pour préserver la carrière ecclésiastique d’Abélard, la cérémonie de mariage eut lieu à l’aube et devait demeurer secrète. Elle se déroula sans le consentement d’Héloïse qui considérait l’institution comme un intéressement matériel de l’épouse à une condition sociale toute masculine. Une fois le mariage célébré, celle-ci s’obstina à nier l’union, qui ne pouvait convenir à une femme véritablement amoureuse de la personne elle-même.

Héloïse s’efforça toutefois de protéger les projets d’Abélard, qui se destinait au canonicat. Battue par son oncle, elle se réfugia au couvent Sainte-Marie d’Argenteuil sur les conseils de son époux. Criant à la répudiation, Fulbert révéla publiquement le mariage, compromettant la carrière d’Abélard à un moment où le célibat des clercs et des chanoines était sur le point d’être définitivement établi. 

Afin que sa vengeance fut complète, il chargea deux malfrats d’émasculer le malheureux époux, qui se retira à l’abbaye Saint-Denis. Cette mutilation, en rendant le corps d’Abélard imparfait, stoppa définitivement ses projets. Abélard recommanda à Héloïse à prendre le voile et se retira ensuite comme moine à l’abbaye de Saint-Denis.

maison abélard Héloïse

Le cartouche au portrait d’Héloïse

Chassée du couvent de Sainte-Marie d’Argenteuil en 1129, Héloïse trouva refuge dans l’abbaye de Notre-Dame d’Yerres. Devenu abbé de Saint-Gildas de Rhuys, Abélard lui offrit une nouvelle abbaye, en Champagne. Depuis cette abbaye du Paraclet, Héloïse échangea avec son ancien amant de corps une correspondance en latin, considérée comme un monument de la littérature française.

L’immeuble des 9-11, quai aux Fleurs, sur l’Île de la Cité, occuperait l’emplacement de la maison de Fulbert, où les deux amants firent connaissance. Deux cartouches en couronnement des portes d’entrée renferment les bustes d’Héloïse et Abélard.

  

Cimetière du Père Lachaise

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Le monument funéraire d’Héloïse et Abélard, au cimetière du Père-Lachaise

Abélard rendit son dernier soupir au prieuré bénédictin de Saint-Marcel, près de Chalon-sur-Saône, le 21 avril 1142. Il fut inhumé dans la chapelle Notre-Dame mais, selon les vœux du défunt, Héloïse fit secrètement transporter sa dépouille au Paraclet. Son corps reposa devant le maître-autel de la chapelle du « Petit Moustiers », consacrée à saint Denis. 

A sa mort, Héloïse fut inhumée dans la même chapelle, mais dans un cercueil différent. On diffusa pourtant la légende du miracle d’Abélard ouvrant les bras pour accueillir Héloïse… Leurs ossements furent transférés dans l’abbatiale du Paraclet à la fin du XVe siècle, toujours dans des cercueils séparés. En 1621, ces deux cercueils furent réunis sous le maître-autel « en un charnier. » Au début du XVIIIe siècle, l’abbesse du Paraclet fit élever un cénotaphe dans le chœur des religieuses, à la mémoire des deux fondateurs de l’abbaye. On y transporta les restes d’Héloïse et Abélard en 1780.

Le mythe d’Héloïse avait, depuis longtemps, été remis à la mode, notamment après la publication de la correspondance en latin et en français. Du poète anglais Alexander Pope (1688-1744) à Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), avec le roman épistolaire Julie ou la nouvelle Héloïse, publié en 1761, la figure d’Héloïse s’était imposée comme le mythe de l’amour-passion. En 1763, le poète Charles-Pierre Colardeau (1732-1776) diffusa la légende sentimentale d’Héloïse, qu’il représenta en recluse écrivant à Abélard.

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Le monument funéraire d’Héloïse et Abélard : le sarcophage

Les dernières religieuses du Paraclet furent expulsées en 1792. On enleva les cendres d’Héloïse et Abélard pour les exposer à Nogent-sur-Seine, où elles devinrent l’objet d’une dévotion dans les cercles romantiques. Alexandre Lenoir (1761-1839) obtint, en 1800, l’autorisation de transférer les restes des deux amants à Paris. Celui-ci dressa un mausolée de son invention dans la cour de l’ancien couvent des Petits-Augustins, qui hébergeait le musée des Monuments Français. 

  L’inauguration du mausolée eut lieu le 27 avril 1807, en présence d’une nombreuse assemblée et attira bien des curieux aux Petits-Augustins. Lorsque l’ancien couvent fut attribué à une nouvelle École des Beaux-Arts à la fin de l’année 1816, le mausolée fut démonté et remonté dans le nouveau cimetière créé à l’est de la capitale, pour inciter les Parisiens à acquérir des concessions.

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Le monument funéraire d’Héloïse et Abélard : la figure d’Héloïse

Dans la Description historique et chronologique des monumens de sculpture réunis au musée des monumens français (Paris, 1806, p. 86), Alexandre Lenoir donne la description suivante de la « chapelle sépulcrale d’Héloïse et Abélard » :

« …Nommer Héloïse et Abélard, c’est fixer d’avance l’attention des cœurs sensibles ; mettre sous les yeux des amateurs les monumens qui furent élevés en leur mémoire, c’est fixer tous les regards.

Ce n’est point l’histoire de ces amans infortunés que je veux décrire : déjà Clio a tracé sur le marbre et sur l’airain leurs talens et leurs malheurs. Est-il sur le globe une âme faite pour sentir, qui n’ait pas mouillé de ses pleurs les pages de [Alexander] Pope et de [Charles-Pierre] Colardeau ? Nous renverrons donc nos lecteurs à ces illustres poètes ; mais nous les inviterons à venir dans notre Élysée chanter leurs vers admirables au pied du sanctuaire que nous avons fait élever pour y déposer leurs cendres. Cette chapelle que j’ai fait construire avec les débris d’une chapelle du Paraclet et de l’abbaye de Saint-Denis, montre le style d’architecture pratiqué dans le douzième siècle : les colonnes portent des ogives percées à jour, en forme de trèfles (…). Dans le milieu, on voit le tombeau d’Abélard (…). [Il] y est représenté couché à la manière du temps, la tête faiblement inclinée et les mains jointes. J’ai fait poser près de lui la statue aussi couchée, de son intéressante amie. Les reliefs qui ornent ce sarcophage représentent les pères de l’église (…). J’ai fait graver, sur la plinthe qui porte le monument, les noms d’Héloïse et d’Abélard, qui se répètent alternativement (…). Enfoncés dans la tombe, ils s’aiment toujours ces époux amans. Malgré la pierre qui les couvre, on croit entendre des soupirs de tendresse et d’amour ; l’air est frappé de leurs doux accents, et la plaintive Écho répète de tous côtés : Héloïse, Abélard ! Abélard, Héloïse ! »

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Le monument funéraire d’Héloïse et Abélard : Héloïse et Abélard

Il n’est pas rare de surprendre, en s’approchant du mausolée d’Héloïse et Abélard, Roméo et Juliette parisiens, deux amoureux enlacés…

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