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L’église Saint-Merri (1515-1760)

Angle des rues Saint-Martin et de la Verrerie

église st merry dessin

Église Saint-Merri, Paris, XVIIe siècle. dessin à la plume et encre brune, lavis à l’encre de Chine, 13,5 x 8 cm, BNF, Estampes

L’histoire de Saint-Merri trouve son origine dans le culte de Médéric, mort en 700, canonisé, rebaptisé « Merri » par contraction et élu saint patron de la rive droite. Une légende rapporte que Médéric avait quitté l’abbaye Saint-Martin d’Autun pour vivre en ermite à proximité de l’oratoire de Saint-Pierre-des-bois, qui s’élevait non loin de l’église actuelle. Au IXe siècle, l’exhumation des restes de Médéric, mis en châsse, donna lieu au culte du saint et à la construction d’une nouvelle chapelle, dédiée à saint Pierre et à saint Merri. Cette chapelle fut donnée, vers 1010, au chapitre de Notre-Dame et déclarée collégiale, avant la construction d’un nouvel édifice, en 1200. Érigée en paroisse et uniquement dédiée à saint Merri, l’église était alors l’une des « quatre filles de Notre-Dame ».

Au début du XVIe siècle, le développement rapide du quartier des Halles et du beau-bourg exigea la construction d’un édifice plus vaste. Le chantier fut probablement confié au maître-maçon Pierre Anglart, puis à Pierre II Chambiges (1545-1616), qui se chargera, à la fin du XVIe siècle, de la construction des charniers contre le flanc sud de l’église.

façade église saint-merri

La façade principale, rue Saint-Martin

De style gothique flamboyant, la façade principale de l’église Saint-Merri est percée de trois portes ogivales, surmontées de crossettes et de fleurons. De puissants contreforts, sur lesquels ont été creusées des niches à sculpture, coiffées de dais très ouvragés, eux-mêmes surmontés de pinacles, séparent la porte axiale et les deux portes latérales.

A gauche de la façade, une petite porte (pratiquée dans l’actuelle tourelle octogonale percée de meurtrières ?) permettait d’accéder aux maisons qui avaient été construites sur le flanc nord de l’église, et qui furent détruites en 1950.

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Le portail central de la façade principale

Une large baie en tiers-point, dépossédée de son remplage, surmonte le portail central, plus large et élevé que les deux portes latérales. Un réseau d’arcatures couvre le mur situé au-dessus de la porte latérale sud. Concluant le rez-de-chaussée, une frise de feuillages habités d’animaux et de créatures fantastiques file entre les contreforts.

lapin détail voussoures portail latéral sud

Détail du bestiaire logé dans les voussures du portail latéral sud  

Le pignon surmontant le grand portail central est encadré, d’un côté, par un clocher carré très élevé, dont la base est formée par la porte latérale sud, et de l’autre, par un frêle campanile octogonal décoré d’arcatures, qui abrite une cloche très ancienne, volontiers datée de 1311.

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Les voussures du portail central

Des figures de martyrs et d’anges, moulées au milieu du XIXe siècle d’après la statuaire du portail méridional de Notre-Dame de Paris avant qu’il ne fût restauré par Viollet-le-Duc, ornent les voussures. Les figures d’apôtres des piédroits, réalisées à la même époque par Louis Desprez (1799-1870) et Joseph Brun, remplacent les statues originales, détruites à la Révolution.

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Le « Baphomet » de Saint-Merri

Quant à la créature diabolique accrochée au sommet des voussures du portail central, décrite ici ou là comme le « Baphomet des Templiers ».  C’est un être mi-homme mi-femme, cornu et barbu, doté d’ailes de chauve-souris, probablement sculpté vers 1841-1843.

Il apparaît sous cette forme dans les publications d’Eliphas Lévi (né Alphonse-Louis Constant 1810-1875), l’une des grandes figures de l’occultisme au XIXe siècle, notamment dans l’ouvrage Dogme et rituel de la haute magie, paru en 1854.

st merri entrée rue verrerie

Seul le flanc nord de l’église, débarrassé des maisons qui le dissimulait jusqu’au milieu du XXe siècle, offre au regard l’un des pignons du transept, la volée d’arcs-boutants recevant les poussées de la nef, la balustrade de pierre et les gargouilles soulignant la base du toit.

Du côté sud, les bâtiments du presbytère, construits au XVIe siècle et transformés en 1731 par Jacques-François Blondel, dissimulent en grande partie l’église, avec laquelle il communique par le bras du transept. Donnant sur la rue de la Verrerie, la porte d’entrée est surmontée de deux pots-à-feu barrés d’une guirlande végétale et de deux angelots, prenant appui sur l’archivolte cintrée de la fenêtre du premier étage.    

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La nef

L’église Saint-Merri présente un plan en forme de croix latine, à transept non saillant. La nef est flanquée de deux bas-côtés sud, mais d’un seul bas-côté nord, en bordure de chapelles latérales. 

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L’élévation de la nef est à deux niveaux : grandes arcades et fenêtres hautes. Les nervures des grandes arcades pénètrent dans les piliers, dont une large moulure profilée jaillit sans rupture jusqu’à la voûte, rompant une frise de feuillages et d’animaux semblable à la frise courant à l’extérieur de l’édifice. Cette frise comporte en outre les figures de saint Merri et Moïse, au nord ; et celles de saint Pierre et Aaron, au sud.

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Le décor flamboyant de la croisée du transept

La sobriété ornementale de la nef tranche avec le style gothique flamboyant habituel, dont la marque se concentre à la croisée du transept : une clé pendante y est suspendue, au cœur d’un savant réseau de nervures traçant une rosace centrale et plusieurs demi-rosaces.

vue st merry vitrail vierge enfant

Les fenêtres hautes des premières travées de la nef présentent les fragments de vitraux remontant au début du XVIe siècle, largement remplacés par des verrières blanches en 1753. Les vitraux encore en place retracent la vie de saint Nicolas de Myre et de sainte Agnès. D’autres vitraux, exécutés vers 1540 et attribués à Nicolas Pinaigrier, ont subsisté dans les fenêtres du chœur et du bras droit du transept. 

Les vitraux des chapelles latérales ont, pour la plupart, été posés après le milieu du XIXe siècle. Dans une chapelle du bas-côté nord, la maison Tournel conçut par exemple, vers 1901-03, le vitrail de Notre-Dame du Mont-Carmel. 

 

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La chapelle de la Communion (1743-48)

En 1743, l’architecte Germain Boffrand fit édifier la chapelle de la Communion à l’emplacement des anciens charniers. Boffrand quitta toutefois le chantier avant son achèvement, furieux contre les marguilliers qui imposèrent le sculpteur Paul-Ambroise Slodtz (1702-1758) au lieu de Jean-Baptiste Pigalle, que préférait l’architecte. Après le retrait de Boffrand, Pierre-Louis Richard acheva la construction de la chapelle de la Communion et créa, en 1760, l’accès entre la chapelle, initialement fermée, et l’église Saint-Merri.

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Aux extrémités est et ouest de la chapelle de la Communion, les deux hauts-reliefs de Paul-Ambroise Slodtz mettent en scène des anges entourés de putti, l’un présentant le livre des Évangiles, l’autre le ciboire. 

chapelle st merry 2

La chapelle de la Communion se compose de trois travées, chacune éclairée d’une lanterne ovale perçant le sommet d’une calotte. Elle communique avec l’église par trois arcades entre lesquelles s’élèvent des pilastres à chapiteau corinthien. Sur le mur opposé, qui reproduit le cintre des arcades, un grand retable d’autel, peint par Charles Coypel (1694-1752), représente, dans l’arcade du milieu, Les Pèlerins d’Emmaüs.

 

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L’une des trois lanternes ovales

Les verrières des lanternes de la chapelle de la Communion sont à multiples facettes, maintenues entre elles par un réseau de plomb qui rappelle la toile d’une araignée.

fenetres choeur st merry

D’autres transformations interviennent au XVIIIe siècle, dans le but de « moderniser » l’église et de faire disparaître les caractères du style gothique. En 1709, le jubé et la clôture du chœur sont ainsi détruits. Deux autels latéraux en forme de petits temples antiques à colonnes et frontons sont élevés à l’entrée du chœur. Les deux autels sont décorés de deux grands retables peints : celui de droite représente une Vierge à l’Enfant, réalisée par Carle Vanloo en 1753, connue comme la « Vierge bleue ».

Entouré d’un déambulatoire, le chœur reçoit en outre un placage de marbre et de stuc, ainsi qu’un dallage polychrome, qui lui confèrent un aspect « baroque », renforcé par la disposition, en 1753, d’une Gloire divine entourée d’angelots, sculptée en bois par Michel-Ange Slodtz (1705-1764). Les arcades du chœur sont également redessinées en plein cintre.

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